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[Groupe Parents 2.0 – Lyon] Les livres de nos enfants

Dimanche 6 avril 2014, le groupe de parents 2.0 lyonnais s’est réuni pour échanger autour des livres que l’on choisit pour nos enfants.

Comment les choisit-on, pourquoi ? Que faire quand on ne les choisit pas ? Le livre doit-il être seulement évasion ou support pour aborder les problématiques du quotidien ? Que transmet-on à travers cet objet ?

Autant de questions qui se sont posées au cours de la séance et à laquelle chacun a apporté des bribes de son vécu pour comprendre, se rassurer, écouter.

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Chaque participant avait apporté sa petite pile de lecture enfantine, et les enfants présents ont pris plaisir à piocher dans les ouvrages inconnus des uns et des autres, pour les parcourir avec leurs parents.

Chacun son rythme

Plusieurs mères ont évoqué leur appréhension en constatant que l’un de leurs enfants, aîné ou second, ne semblait pas particulièrement s’attacher au livre ni à son contenu, à un âge où elles auraient cru cela possible ou réalisable. Une occasion supplémentaire de convenir que chaque enfant s’ouvre aux choses à son rythme et que chacun entrera dans la lecture à sa façon : certains attirés par l’objet livre et d’abord intéressés par la simple action de tourner les pages, d’autres presqu’uniquement charmés par le conte, la voix du proche qui raconte et leur transmet une histoire, sans ressentir le besoin de s’approprier le papier.

Transmission

Une maman, qui avait eu très peu d’échanges autour du livre étant enfant, nous a raconté combien elle avait été rassurée de constater qu’elle parvenait malgré tout à transmettre l’attrait de la lecture à sa fille, qui se montrait très enthousiaste pour toutes sortes d’ouvrages – et particulièrement pour cette bonne vieille série : les Martine.

groupe parents lyon livres enfants - avril 2014

Le livre message

Si les livres à thèmes – arrivée d’un frère/sœur, la colère, la propreté, la mort, la sexualité, etc – n’ont pas de vertus miraculeuses, si l’on entend par là modifier le comportement de l’enfant ou faire passer un message à l’enfant en « forcing », du style « mais si, tu vas adorer être grande sœur ! » ou bien « c’est super d’aller sur le pot, fais comme Tchoupi ! ». Par contre, ils peuvent devenir de formidables supports pour aborder les grandes questions de la vie… et les petites choses du quotidien. Certains livres dont on aurait pas soupçonné l’intérêt qu’ils pouvaient générer vont être réclamés par l’enfant à plusieurs reprises. Celui-ci a besoin de comprendre, s’approprier petit à petit, y compris sur des sujets qui nous auraient paru sensibles.

Le bon livre ?

Comme l’ont dit certains, il y a parfois des « erreurs de casting ». Un livre choisi à la va-vite par l’enfant lui-même à la bibliothèque, un cadeau que les parents n’apprécient pas vraiment, … On commence la lecture et on réalise que le contenu ou la forme ne sont pas adaptés. Rien n’empêche de fermer le livre et de passer à autre chose, ou de proposer de le remettre à plus tard. Ou encore d’expliquer que l’on n’est pas d’accord avec ce qui est dit dans le livre, que l’on ne voit pas les choses de la même façon.

Nous avons notamment abordé les stéréotypes de genre, parfois très fortement véhiculés par certains éditeurs (certaines collections hyper genrés et dramatiquement sexistes de Fleurus pour ne pas les citer)… et avons donc parlé des nouvelles collections qui voient le jour, au contenu axé « communication non violente » (ceux de Catherine Dumonteil Kremer aux Editions La Plage par exemple). Ou encore le fait que ce pauvre loup passe toujours pour le méchant de l’histoire, catalysant, génération après génération, les peurs des enfants, alors qu’il ne s’agit finalement que d’un animal parmi les autres.

Où les acheter ?

Les participants ont évoqué les lieux où choisir les livres, lorsque l’on cherche des ouvrages « différents » – pour sortir des rayons roses/bleus des grandes librairies nationales. Les librairies indépendantes ont été plébiscité et localement, une participante a rappelé que tous les ans, se tenait la fête du livre jeunesse à Villeurbanne, une véritable mine d’or parait-il.

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  • Si ce compte-rendu vous a plu et que vous souhaitez participer, ponctuellement ou régulièrement, au groupe de parents 2.0 lyonnais, laissez-moi votre mail et je vous ajouterai à la liste de diffusion locale.
  • Si ce compte-rendu vous a donné envie d’initier des échanges similaires près de chez vous, faîtes-vous connaitre ! Un guide d’aide au lancement de groupes locaux est à présent à votre disposition !

Rappel : le prochain groupe de parents 2.0 lyonnais se tiendra le 8 juin 014, toujours à la MIETE (Lyon 6e), sur le thème : Filles/garçons, les élève-t-on de la même façon ? Comment les aider à grandir par delà les inégalités et stéréotypes de genre ?

Bonne semaine !

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[Groupe Parents 2.0 – Lyon] Les relations dans la fratrie

Dimanche 9 mars 2014, le groupe de parents 2.0 lyonnais inaugurait, comme prévu, la tenue de ses réunions à la MIETE.

Pour la reprise 2014, c’est en petit comité que nous avons pu aborder le thème des relations dans la fratrie. Nous avons tenté de problématiser ensemble les situations les plus insolubles rencontrées dans les fratries.

En y allant de nos anecdotes, nous avons identifié :

  • Le partage des affaires/ des jeux : combien de fois par heure jour doit-on intervenir pour gérer un conflit entre deux (voire plus) enfants qui veulent le même jouet au même moment ? Ne comptons pas, nous allons nous faire du mal…
  • Le partage de l’attention parentale : un enfant qui trouve insupportable l’attention portée temporairement à un frère/soeur lors de sa fête d’anniversaire, le sentiment (parfois formulé avec véhémence) que l’on ne s’occupe jamais assez d’eux (sans parler de la culpabilité parentale qui va avec…), les préférences que les enfants ressentent même si cela ne correspond pas à quelque chose que les parents vivent, …
  • L’adaptation aux âges différents : comment légitimer que dans une même situation, il y aura exigence pour un grand / tolérance pour un plus petit, faire en sorte que la participation aux tâches de la maison par les plus grands ne soit pas perçue comme une injustice, et vice-versa lorsque ce sont les grands qui ont l’autorisation de faire certaines choses… Doit-on traiter tous les enfants pareil (c’est à dire comme des « enfants », presque indépendamment de l’âge) ou doit-on différencier au risque de projeter nos propres représentations sur ce en quoi consistent les rôles des grands/des petits ?
  • Comment intervenir d’une façon utile : on s’aperçoit assez vite qu’il est important de déterminer les moments où on peut laisser faire sans intervenir car il y a peu de risque que ça dégénère (et une chance que le conflit soit résolu par les protagonistes) et les moments où il faut intervenir (car mise en danger, comportement inacceptable, etc), tout en se questionnant sur le « comment » de l’intervention. Par exemple, lorsqu’ils se bagarrent, doit-on intervenir au nom de l’interdit « on ne tape pas », ou leur laisser la possibilité de régler leur conflit, leur offrant ainsi l’opportunité d’établir leurs propres limites pour respecter l’autre sans toujours se reposer sur les parents ou attendre une intervention de leur part.

faber et mazlish - jalousies rivalités frères soeurs

  • L’injustice ressentie par les enfants face au fait que les parents ne sont pas les mêmes pour chacun de leur enfant (ne serait-ce que parce qu’ils mûrissent et avancent sur le chemin de la parentalité). En miroir, on trouve la crainte des parents de « faire des préférences » face à des sentiments complexes et antagonistes au moment de la naissance d’un nouveau bébé, dont le statut le place bien souvent en personne aux besoins prioritaires.
  • La pérennité des conflits dans les fratries : parfois on les constate encore tardivement, même dans une fratrie de personnes âgées. Qu’est-ce qui fait que parfois les gens dépassent ces conflits en grandissant et parfois non ? Quel est le rôle des parents, même à un âge avancé, dans ces conflits ? Peuvent-ils encore être désamorcés, est-ce qu’il appartient aux parents « d’autoriser » (symboliquement) que les conflits soient exprimés ?
  • Comment gérer les comparaisons, celles faites par l’entourage (grands parents, oncles, tantes, etc…) et celles que nous faisons sans même nous en rendre compte, ne serait-ce que dans nos tentatives de mieux les comprendre ? Comment exprimer les particularités de chacun sans leur coller d’étiquettes ni les mettre en rivalité ? Par exemple, ne pas avoir de prédisposition pour une matière ou un sport, ne signifie devoir s’interdire de le pratiquer pour le simple plaisir, même si l’on sait que le frère ou la soeur y excelle pour sa part… La grande question des « rôles » que nous leur attribuons malgré nous.

Avec des questionnements aussi riches, nous avons tenté d’isoler 2 ou 3 thématiques principales auxquelles nous souhaitions apporter des ébauches des solutions.

Réserver des périodes exclusivement à l’un ou à l’autre.

Voir les conflits comme les composantes essentielles d’une relation riche qu’il ne faut pas chercher à évincer (Catherine Dumonteil Kremer)

Donner la même chose, c’est donner moins.

Nous avons en effet commenté les ouvrages de Faber & Mazlish et Catherine Dumonteil-Kremer qui avaient été apportés.

En attendant de revenir un jour plus en détails sur certains de ces points, nous avons là de bonnes idées de thématiques à développer pour les VI. Qu’en dîtes-vous ?

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Très bientôt, je vous livrerai le compte-rendu de notre séance du 6 avril sur « La façon dont nous choisissons les livres pour enfants« .

Pour rappel, le dimanche 11 mai, nous aborderons la thématique de l’enfant-élève (ou enfant dans la collectivité pour les plus jeunes).

Si vous souhaitez participer au groupe de parents, ponctuellement ou régulièrement, laissez-moi votre mail et je vous ajouterai à la liste de diffusion locale.

Bon week-end !